Poème autour des Trophées

par Gilbert Beaume *

Visages fermés

et pourtant éclatés

Heaumes de fer

brisés, désarticulés

hommes du faire

sans rimes, ni raison

du faire

parce qu'il faut bien s'occuper

tuer le temps

justifier d'un salaire

d'un salaire du faire

sans coeur, sans vie

Automates aux gestes sans signification....

Visages de fer, qui cachent

un vide qui a horreur du plein,

de la lumière, de la vie.....

Heaumes foudroyés

incapables de contenir plus longtemps

les pressions du monde extérieur,

l'absence, le vide de l'intérieur....

Hommes fragmentés

Désarticulés

trop blessés, trop cicatrisés

trop cassés, brisés ?..pour vivre

trop rigides, caparaçonnés pour mourir....

Mais, où sont les souffles d'antan ?

Les instincts de vie, qui remontent des profondeurs de l'être ?

.... la brise du large,

qui porte l'appel du goéland,

la rumeur de la houle

les orages, les éclairs, qui vont

faire surgir à nouveau

du fond des abîmes des étincelles de vie

un monde nouveau

le monde de l'être....

Ces souffles d'antan, tel un frémissement de vie

sont Là, prêts à surgir, comme la source

Du rocher jaillie, sous le fer du glaive.... de l'homme !

 

Heaumes entrouverts,

La vie

tel le bernard l'hermite

Viendra vous habiter !

 

Quelques mots....

d'un soir, où la mémoire

m'agite....

Autour des toiles de F.SCHLEGEL

Gilbert BEAUME

 

 

 

trophée V

Trophée V, 1985

 

 

trophée III

trophée III, 1985

 

 

Trophée XI

trophée XI, 1986

 

 

Trophée XV

trophée XV, 1987

(* Gilbert Beaume est Pasteur de l'Eglise Réformée de France)

Voir les autres oeuvres de cette période / Suite des Annexes

 

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